J’aime… le coucher de soleil

Courons vers l’horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !

Charles Baudelaire

Samedi 8 octobre 2005

  • Lieu : Bord du fleuve Saint-Laurent - Boucherville (Rive-sud/Montérégie - Québec)

Au salon, je suspend ma lecture. J’ai les yeux fatigués. La pièce est sombre, c’est déjà la nuit tombante. J’allume une lumière. Penchée au bord de la fenêtre, je constate que la pluie a cessé. La Dame Nature accorde un répit après deux jours d’averse. Dégagé, le ciel s’embrasse avec des nuances de couleurs orangées et rosées. Le soleil m’appelle.

Je me précipite sur l’appareil photo, enfile en vitesse mes chaussures et emporte un manteau. Je quitte la maison sans prévenir personne, c’est trop urgent. Je cours vers le fleuve au bout de la rue.

Soudain, j’entends des cris assez graves. Ce sont les outardes en vol vers le sud. Leur migration annonce l’arrivée de l’automne. J’arrête ma course vers l’horizon pour regarder ces longues rangées de formation qui ondulent dans le ciel. Dans mes pensées, je leur crie “Au printemps !”.

Je reprends ma course. J’arrive enfin au bord du fleuve Saint-Laurent offrant une vue magnifique sur les îles de Boucherville. Je saisis les derniers rayons. Je continue ma marche jusqu’au quai pour me sentir plus proche du soleil couchant. Je suis contente de ne pas trouver ces chars à musique stationnés par des adolescents hip-hop. Le village est très calme. Normal, c’est la fête de l’Action de grâce. Pas mal de monde est parti au chalet pour le fermer ou en voyage. Je suis donc seule et en paix. Je vis un petit bonheur.

Il y a un léger vent du nord, mes mains et mes oreilles ont alors un peu froid. Ce sont mes premiers frissons de la saison automnale.

Une barre sombre des îles coupe l’horizon, séparant le ciel chargé de nuages au relief incroyable et le fleuve. Le plafond nuageux offre des teintes de couleurs hallucinantes et donne parfois un aspect assez surnaturel. Le soleil est d’un intense rouge violacé.

Je ne me lasse jamais de regarder un coucher de soleil et ses couleurs. Une oeuvre d’art éphémère, unique et universelle ! Je repense alors à maintes peintres fascinés par la nature changeante qui travaillaient uniquement les couleurs : Monet, Turner, Whistler, Degas, etc. Ou encore à des poètes surtout romantiques extasés et tourmentés par la nature.

Et vous ?