À juste titre

Contrairement au Québec, les titres anglophones (film, série, etc.) sont rarement traduits en France. Comme il est également, hélas, fréquent de remplacer un titre original par un nouveau titre, souvent moins fidèle, en anglais. Par exemple, la traduction “québécoise” du titre original  Can’t Hardly Wait est  Ce soir, tout est permis. Tandis qu’en France, c’est  Big party.

Depuis mon arrivée, on ne cesse pas de me demander si je regarde telle ou telle série au Québec. Le plus comique est leur mauvaise prononciation avec le typique accent français. Je les niaise mais je suis pareille ! Avec un froncement de sourcil et un sourire amusé, je demande alors de me répéter le titre. Pour m’aider à trouver, on essaie alors de me le traduire vainement ou de résumer la série en question. C’est notamment le cas pour  Desperate Housewives, traduit  Beautés désespérées au Québec. Ce genre de traduction amuse. On me réclame alors d’autres exemples.

Je découvre ainsi ce qui est à la mode. Je ne trouve que de séries américaines. On me regarde souvent avec des gros yeux lorsque je réponds que telle série n’est pas diffusée (on me parle souvent de  Nip/Tuck) ou n’a pas connu de succès, comme  Urgences ou  Friends. Même surprise lorsque j’énumère les séries québécoises, plus nombreuses (et créatives selon moi) qu’en France.

Quand je leur explique que le concept  Un gars, une fille est québécois, non hexagonal, j’ai parfois l’impression de voler leur fierté nationale, tellement je vois de déception dans leur visage. Surprenant.

Voilà donc un petit “choc” culturel que j’ai vécu dans mon pays natal après quelques années d’absence (excepté un petit séjour pour le temps des fêtes de fin d’année en 2004). Par contre, on ne m’a encore fait aucune remarque sur mon nouveau accent. Normal, je ne suis pas présentement à Paris mais en province!, eh-eh-eh… (clin d’oeil)