Fugues et fougue

À défaut de son (mais plus pour longtemps…) et d’image, j’ai eu l’idée d’un “bloguestionnaire” pour présenter mes lectures blogosphériques. Pourquoi ? Une blogoliste est de plus en plus une longue traine froide, étourdissante, et parfois, hélas, à but de popularité, faux et indigeste. Elle manque aussi de commentaires, bref de contenu, pour guider le visiteur parmi la multitude des blogues. Ce “bloguestionnaire” est enfin une occasion pour le blogueur invité de dévoiler les aspects de son blogue et de sa personnalité.

Le premier invité est un de mes blogues préférés : Fugues & fougue par Argoul. Agrémentés de riches illustrations et de liens judicieusement choisis, ses billets éclectiques sont d’une qualité rare en écriture et en profondeur à une époque de rapidité et de superficialité. À déguster !

Son blogue en quelques mots…

Mon blog s’appelle Fugues & fougue, fugues parce que j’aime explorer et voyager, fougue parce que j’écris en bon français mais sans langue de bois. Je me veux explorateur des pays (plusieurs voyages contés, France tourisme, Paris secrets), des questions (catégories livres, art) et des humains (gastronomie, religions, sports), épris de liberté (économie, géopolitique) et d’anti-privilèges (catégorie esprit français qui navre les Suisses, amuse les Belges et devrait peut-être faire rire les Canadiens), amoureux des êtres et des chats (chat miaou).

Un livre

Donner un livre préféré m’est difficile. Je pourrais citer Le Banquet de Platon où des amis discutent des diverses formes de l’amour autour de vin et de mets, Les Pensées de Marc-Aurèle où un empereur disserte de l’existence quotidienne, la saga d’Erik le Rouge tellement non-Méditerranéenne et d’esprit non chrétien, Les Essais de Montaigne où le moi s’insère dans une philosophie de civilisation, Athalie de Racine, peut-être sa pièce la plus humaine, Ainsi parlait Zarathoustra, philosophie poétique bien meilleure que les traités indigestes des abstracteurs de quinte essence, La Chartreuse de Parme d’un Stendhal précis et politique, Les Illuminations de Rimbaud, poète adolescent, Vents de Saint-John Perse… Je dirais plutôt L’Odyssée d’Homère. Il est le Livre de notre civilisation d’Occident avec son goût d’explorer, son aspiration permanente à la liberté, la libre discussion entre compagnons et la solidarité d’équipage, la fidélité des époux et l’amour filial. Ses histoires se racontent dès 5 ans. Choisissez la traduction de Victor Bérard, la plus belle.

Un film

Le film qui m’a le plus marqué est Empire du soleil de Spielberg. Tiré de l’autobiographie de J.G. Ballard, il est un hymne à la vie où l’accroche quotidienne à l’existence se mêle à l’éveil de l’adolescence.

Un album

La musique est aussi difficile que le livre. Une toccata de Bach ? La symphonie n°40 de Mozart ? La sonate Clair de lune de Beethoven ? Un concerto pour violons de Paganini ? Tommy des Who ? Je choisis Indochine en live, à Paris Bercy en 2003, l’album Paradize. C’est la musique d’époque d’un rare groupe mélodique en français.

Une image

Le blog en une image ? L’époque n’est plus aux natures mortes ou aux Vierges à l’Enfant ; le sourire d’une Joconde engendre d’épais romans ésotériques. Je prends donc la peinture qui a séduit le gamin dont je surveille l’adolescence, Le Dr Trioson et son fils*, surtout pour l’infime mouche posée sur le globe, si finement dessinée qu’on a envie de la chasser…

Un blogue

L’un de mes blogs préférés s’appelle tout simplement Tokyo. Il s’agit d’un blog monomaniaque qui ne parle exclusivement que de Tokyo et du Japon, mais vu au travers un œil français d’un assimilé qui vit là-bas avec une femme japonaise et un fils entre les deux. La ville est l’occasion de promenades sans fin, bien au-delà des stéréotypes touristiques, de réflexions sur notre monde et sur les Japonais, sur la France vue de loin. C’est étrange, original et régulier comme un feuilleton.

*Bon plan : le Musée des Beaux-arts de Montréal expose quelque 130 œuvres du peintre français Girodet (1767-1824) jusqu’au 21 janvier. Pour plus d’info, visitez le site Girodet, le rebelle romantique.